De rêves et de plancton : plongée dans un monde invisible au Muséum d’Histoire Naturelle
Le 1er octobre, à l’Orangerie, la soirée « De rêves et de plancton : plongée dans l’invisible » a réuni scientifiques, journalistes, partenaires institutionnels, collégiens et bien d’autres acteurs autour de la découverte du plancton et de la sensibilisation à la protection des milieux aquatiques. Organisée par Claire Gachon, professeure au Muséum et coordinatrice du projet européen PHABB, et Jeanne Miebach, chargée de projet PHABB, la soirée a également marqué le lancement officiel de la bande dessinée documentaire De rêves et de plancton, de Dorothée Adam et Pierre-Yves Cézard.
La soirée a été ouverte par Gilles Bloch, président du Muséum national d’Histoire naturelle. Jean-Louis Étienne a ensuite présenté l’expédition du Persévérance et la bande dessinée qui en retrace l’aventure. Olivier Mousson, conseiller régional d’Île-de-France et vice-président de la commission Enseignement supérieur et Recherche, est également intervenu, rappelant l’importance des partenariats et du soutien aux actions de recherche, de formation et de sciences participatives. Ces échanges ont rappelé le rôle des partenaires, notamment le soutien de la région Île-de-France aux actions de sciences participatives et de l’union européenne à la formation des doctorants au Muséum.
Observer le plancton : de l’Antarctique au Jardin des Plantes
L’évènement a commencé par une session d’échantillonnage du plancton dans le Jardin des Plantes du Muséum avec les collégiens du club Wanda Nature du collège Wanda Landowska, à Saint-Leu-la-Forêt et leur enseignante Amélie Lefort, responsable du club et partenaire du projet Planktonautes d’Île-de-France. Les élèves ravis, munis de leurs filets à plancton ont récolté puis filtré de l’eau des bassins de l’école botanique avant d’observer leurs échantillons au microscope Curiosity, un microscope de terrain conçu par Noan Le Bescot (SeaLabX) et similaire à celui utilisé à bord du navire Persévérance lors de l’expédition en Antarctique avec Jean-Louis Etienne. Les élèves ont ainsi découvert un monde invisible à l’œil nu, et plongé dans cet univers fascinant du plancton.
Les Planktonautes d’Île-de-France
Le projet Planktonautes d’Île-de-France (PiF) est une initiative de science participative visant à étudier la biodiversité planctonique des plans d’eau douce urbains et périurbains d’Île-de-France. Il rassemble chercheurs, étudiants, collectivités, citoyens et médiateurs scientifiques autour d’un double objectif : mieux connaître ces écosystèmes et sensibiliser le public à l’importance du plancton dans leur équilibre.
Des prélèvements réguliers de plancton sont réalisés dans toute l’Île-de-France, et observés à l’aide du Curiosity microscope, un outil compact et accessible. Sahima Hamlaoui, chargée d’études scientifiques, experte du phytoplancton d’eau douce joue un rôle crucial et indispensable pour fédérer cette communauté. Elle intervient auprès d’un public très variés, des élèves de primaires aux étudiants en passant par les familles. Les organismes observés peuvent être identifiés grâce à des clés simplifiées et contribuer ainsi à la collecte de données scientifiques.
Les observations permettent de constituer et d’alimenter un inventaire de la biodiversité planctonique, qui est partagé avec la communauté scientifique et intégré à différentes bases de données, notamment iNaturalist, l’INPN et le GBIF
À travers cette démarche, PiF souhaite également faire découvrir au grand public, et notamment aux jeunes, la biodiversité microscopique qui nous entoure, tout en favorisant l’intérêt pour les sciences et les enjeux de conservation des écosystèmes aquatiques.
Le plancton : un objet d’émerveillement et de prise de conscience
Une exposition accompagnait également la soirée, mettant en dialogue recherche scientifique, collections et ressources documentaires du Muséum. Plusieurs thématiques étaient présentées : la santé du phytoplancton et des écosystèmes aquatiques, l’histoire des recherches sur le plancton et les parasites aquatiques, la formation des naturalistes et des doctorants, les sciences participatives et l’instrumentation scientifique frugale, mais aussi la biodiversité de la Seine et les recherches consacrées à l’Antarctique.
Cette diversité d’approches illustre la richesse des missions du Muséum : observer, comprendre, transmettre et contribuer à la préservation de la biodiversité.
Former les chercheurs de demain : l’exemple du réseau doctoral MSCA PHABB
La soirée était également l’occasion de mettre en lumière le réseau doctoral européen MSCA PHABB, qui rassemble des partenaires académiques et industriels autour de la formation de jeunes chercheurs aux interactions entre microorganismes, algues et agents pathogènes.
Soutenu par l’Union européenne, le réseau vise notamment à développer les connaissances et les compétences nécessaires à l’émergence de nouvelles stratégies de gestion des maladies affectant les algues cultivées et de biocontrôle des proliférations d’algues nuisibles.
Les organismes et les phénomènes biologiques ne connaissent pas de frontières. Lorsque l’expertise d’un seul pays ne suffit pas, ou que la coopération internationale permet de mieux appréhender des questions scientifiques complexes, l’Union européenne soutient des programmes de haut niveau pour former les nouvelles générations de chercheurs, d’entrepreneurs et de décideurs publics. Le réseau doctoral MSCA PHABB vise à former la prochaine génération de chercheurs et d’ingénieurs afin de mieux comprendre les processus biologiques et évolutifs liés à la dynamique des communautés microbiennes, à la virulence et à la spécificité d’hôte des agents pathogènes qui ciblent des algues d’intérêt ou indésirables. À long terme, l’objectif est de développer de nouvelles stratégies de gestion des maladies affectant les algues cultivées, ainsi que des approches de biocontrôle des proliférations d’algues nuisibles.
Le plancton à l’honneur en bande dessinée
Aux côtés des sciences participatives, cet événement est aussi l’occasion du lancement de la BD de Dorothée Adam et Pierre-Yves Cezard. Invisible à l’œil nu mais essentiel à l’équilibre des écosystèmes, le plancton est au cœur de la bande dessinée De rêves et de plancton, publiée chez Delcourt. À bord du voilier Persévérance, la réalisatrice Dorothée Adam embarque aux côtés de l’explorateur Jean-Louis Étienne pour une expédition scientifique en Antarctique consacrée à l’étude de ces organismes fascinants. Entre aventure, science et réflexion sur notre rapport au vivant, l’album invite à porter un nouveau regard sur ce monde microscopique. Une approche qui fait écho au projet PiF, qui propose à son tour de partir à la découverte du plancton, cette fois dans les eaux douces d’Île-de-France. L’ouvrage retrace une expédition du Persévérance en Antarctique en 2024, avec le soutien de la Fondation CNRS et du Parlement européen.
Trois trophées pour saluer l’engagement des partenaires
Pour clôturer la soirée, trois trophées commémoratifs « Planktonautes d’Île-de-France », aux armes du Muséum, ont été remis à Sahima Hamlaoui, coordinatrice du projet PiF, Olivier Mousson, élu de la Région Île-de-France, et Amélie Lefort, enseignante et responsable du club Wanda Nature. Ces trophées viennent saluer leur engagement en faveur de la découverte de la biodiversité aquatique et de la participation des jeunes à son observation.