État des lieux des traitements dans les filarioses humaines

Thèse réalisée sous la direction de

Dr Fabrice PAGNIEZ, MCU UFR Sciences Pharmaceutiques et Biologiques, Nantes
Pr Coralie MARTIN, PR MNHN, UMR7245, Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris
Dr Linda KOHL, MC MNHN, UMR7245, Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris

Président du jury:

Pr Patrice LE PAPE, PU-PH parasitologie et mycologie médicale, Nantes

Membre du jury:  Pr Jacques GUILLOT, PR Parasitologie vétérinaire, ONIRIS, Nantes

Thèse soutenue le 24 Mars 2023

RÉSUMÉ
Les filaires sont des nématodes de la famille des Onchocercidae, parasites des vertébrés terrestres, et transmises par des arthropodes hématophages. Les filaires vivent en symbiose mutualiste avec la bactérie Wolbachia qui est essentielle à leur développement et à leur survie. Certaines espèces filariennes sont responsables de graves pathologies chez l’animal et de maladies tropicales chez l’Homme. Les filarioses humaines englobent 3 pathologies principales : la filariose lymphatique causée par les espèces Wuchereria bancrofti, Brugia malayi et Brugia timori, l’onchocercose causée par Onchocerca volvulus, et la loase due au parasite Loa loa. Pour ces pathologies, seuls trois traitements utilisés historiquement sont disponibles : l’ivermectine, la diethylcarbamazine et l’albendazole. Ceux-ci possèdent un nombre important d’effets indésirables sévères et de contre-indications ce qui complique la mise en place du traitement. Pour éviter ces effets secondaires graves pouvant être engendrés par un traitement non adapté, un diagnostic fiable est nécessaire pour discriminer les 3 principales filarioses. Celui-ci peut se faire soit sur le plan morphologique avec la recherche de différents stades parasitaires chez le patient, soit sur le plan sérologique, en recherchant des anticorps ou antigènes spécifiques ou non de la filaire, et enfin sur le plan moléculaire, en étudiant les séquences de gènes spécifiques de l’espèce filarienne. Face à la problématique de manque de traitements sûrs et efficaces, des stratégies de repositionnement de traitements déjà existants, et de développement de nouveaux traitements sont mises en place. Ces traitements peuvent être classés en deux groupes : les traitements antifilariens à action directe et les traitements anti-Wolbachia. Au sein de ces catégories, les molécules peuvent être regroupées en fonction de leurs cibles thérapeutiques et du stade du cycle parasitaire sur lequel elles agissent : stade microfilaires ou vers adultes. Ces traitements ayant une efficacité limitée lorsqu’ils sont utilisés seuls, une solution efficace est l’utilisation en combinaisons afin de potentialiser leurs effets. L’utilisation et la mise sur le marché de ces nouveaux traitements ainsi que la mise en place de nouvelles stratégies comme la vaccination onchocerquienne et la lutte antivectorielle permettraient une avancée significative dans la lutte contre les filarioses.

Publié le : 19/07/2022 09:51 - Mis à jour le : 28/03/2023 15:00